Les embryons humains ne doivent pas être des cobayes au service de la recherche thérapeutique Envoyer

Un des motifs de dérogation prévus dans la loi de 2004 pour autoriser une recherche sur l'embryon est que cette recherche puisse servir au traitement des affections de l'embryon ou du fœtus.

Certes l'intention est louable. Mais elle implique un paradoxe réellement intenable.mai2001_g

Car vouloir traiter une affection de l'embryon ou du fœtus, c'est bien voir en lui, non ce qu'il est présentement, mais le malade qu'il sera plus tard quand il développera cette affection et en souffrira physiquement et moralement ; c'est vouloir faire en sorte qu'il parvienne à l'état de bien être physique et psychique que procure la santé ; c'est, en somme, voir en déjà en lui, même si elle ne nous apparaît pas encore, la personne qu'il est appelé à être.

Mais en attendant d'éventuels progrès thérapeutiques, l'embryon, surnuméraire normalement indemne de toute maladie, sur lequel va être fait cette recherche, n'en est-il pas au même stade d'humanité, n'est-il pas promis au même avenir, n'est-il pas appelé à la même destinée ? Alors pourquoi le sacrifier, lui, aujourd'hui, dans l'espoir plus ou moins lointain d'en guérir un autre demain ? Ne doit-on pas lui reconnaître la même valeur humaine ? Est-il venu trop tôt en ce monde pour qu'on lui reconnaisse la même dignité ?

Certes il a bien fallu que la médecine innove pour progresser. Mais avant d'innover chez l'homme, elle expérimentait sur l'animal, le cobaye et le rat ayant été semble-t-il les espèces les plus utilisées. Lorsqu'elle passait à l'homme, elle ne le faisait plus à titre expérimental mais avec l'intention de guérir les malades en essayant de minimiser au maximum les risques inévitables auxquels elle les exposait. Telle était du moins l'éthique qu'elle s'imposait dans nos sociétés humanistes. Certains régimes et certains états l'ont par moments, perdu de vue.

Il serait profondément regrettable que nous l'oublions aujourd'hui dans notre société sous le prétexte qu'il s'agit d'embryons, comme s'il ne s'agissait que de sous hommes.