Assistance Médicale à la procréation : ne pas élargir les indications Envoyer

On peut comprendre que lors d'une relation amoureuse, on ne songe guère au sort de l'enfant auquel elle est susceptible de donner la vie. On a évidemment à ce moment là, bien autre chose en tête. Mais on peut penser que les artisans d'une procréation médicalement assistée ne sont pas dans le même état d'exaltation. Ils travaillent au contraire posément, dans l'isolement et le calme d'un laboratoire. Ils ont tout le loisir de s'interroger sur l'avenir de l'enfant qui résultera de leurs manipulations.

Or l'avenir de cet enfant dépend en grande partie du milieu familial dans lequel il va être accueilli. Certes ce n'est pas parce qu'il sera entouré du père et de la mère qui l'auront désiré et fait le nécessaire pour l'obtenir, qu'il sera forcément heureux. Le pire est toujours possible. Mais c'est quand même dans ces conditions qu'il aura, jusqu'à preuve du contraire, le plus de chance de l'être. Même si des mères célibataires ou veuves peuvent parfaitement réussir l'éducation d'un enfant, l'absence d'un père au foyer n'est pas, on le sait bien, sans inconvénients psychologiques, et leur mérite précisément, vient de ce qu'elles arrivent à suppléer à cette absence.
Etre privé de l'un de ses parents au cours de l'enfance, est, quelle qu'en soit la raison, toujours une épreuve.
Il est vrai que l'on autorise l'adoption d'enfants par des personnes célibataires. Cela se comprend quand il s'agit d'apporter un secours à des enfants privés de parents. Mieux vaut pour eux bénéficier d'un père ou d'une mère que rester orphelins. Mais ces enfants là existent. Il faut bien trouver un remède à leur abandon. Il n'en est pas de même lorsqu'on pratique une procréation médicalement assistée. L'enfant n'existe pas encore. Alors pourquoi l'appeler à la vie, en courant le risque de le placer dans une situation où les conditions théoriquement les plus favorables à son épanouissement futur, ne sont pas réunies ?

Satisfaire le désir d'enfant dont souffre réellement un homme ou une femme, ne me semble pas une raison suffisante. Si les adultes se doivent de remédier à la souffrance des enfants, les enfants, eux, ne doivent jamais êtres considérés comme des remèdes à la souffrance des adultes. Si le droit des enfants à bénéficier d'un père et d'une mère paraît naturellement faire suite à l'obligation biologique d'avoir un homme et une femme comme géniteurs (au moins par gamètes interposées), il n'existe aucun argument raisonnable en faveur d'un droit des adultes à avoir un enfant, lorsque les conditions conjugales indispensables à la procréation ne sont pas réunies.

Non, il ne convient pas d'accepter des indications de complaisance à la Procréation Médicalement Assistée.